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AWS vs Azure vs Google Cloud

Résumé : trois acteurs concentrent environ deux tiers du marché mondial. AWS offre le catalogue le plus vaste, Azure domine dans les entreprises déjà équipées Microsoft, Google Cloud excelle sur les données et Kubernetes. Cette leçon les compare honnêtement, présente les acteurs européens, et traite la question de la souveraineté.


1. Vue d'ensemble des trois géants


2. AWS en détail


3. Microsoft Azure en détail

Le facteur décisif d'Azure, rarement technique : beaucoup d'entreprises choisissent Azure parce qu'elles négocient déjà un contrat Microsoft global incluant Office 365, Windows Server et SQL Server. Ajouter Azure à cet accord produit une remise substantielle. C'est une décision commerciale avant d'être technique, et c'est parfaitement rationnel.


4. Google Cloud en détail

Deux services de Google Cloud méritent d'être connus même si vous n'utilisez pas GCP : BigQuery, souvent décrit comme sans véritable équivalent pour l'analyse de très grands volumes, et Cloud Run, régulièrement cité comme la façon la plus simple de mettre un conteneur en production sur internet.


5. La table de correspondance des services

Ce tableau est extrêmement utile en pratique : il permet de transposer une compétence d'un fournisseur à l'autre.

BesoinAWSAzureGoogle Cloud
Machines virtuellesEC2Virtual MachinesCompute Engine
Stockage d'objetsS3Blob StorageCloud Storage
Base relationnelle managéeRDS / AuroraAzure SQL / Database for PostgreSQLCloud SQL / AlloyDB
Base NoSQLDynamoDBCosmos DBFirestore / Bigtable
Serverless (fonctions)LambdaFunctionsCloud Functions
Conteneurs serverlessFargate / App RunnerContainer AppsCloud Run
Kubernetes managéEKSAKSGKE
Réseau privé virtuelVPCVirtual NetworkVPC
Diffusion de contenuCloudFrontFront Door / CDNCloud CDN
Gestion des identitésIAMEntra IDCloud IAM
Entrepôt de donnéesRedshiftSynapse AnalyticsBigQuery
Files de messagesSQS / SNSService BusPub/Sub
SecretsSecrets ManagerKey VaultSecret Manager
SupervisionCloudWatchMonitorCloud Monitoring
Infrastructure as code natifCloudFormationARM / BicepDeployment Manager

Ce que ce tableau révèle : les concepts sont quasi identiques d'un fournisseur à l'autre. Une personne maîtrisant AWS devient opérationnelle sur Azure en quelques semaines, pas en quelques mois. Les compétences fondamentales — réseau, identités, stockage, mise à l'échelle — sont transférables.

Conséquence pour votre carrière : ne vous inquiétez pas de « choisir le bon cloud à apprendre ». Apprenez-en un sérieusement, les autres suivront facilement.


6. Les acteurs européens

Un arbitrage honnête sur les acteurs européens : si votre besoin se résume à des machines virtuelles, du stockage et du Kubernetes, Hetzner ou Scaleway coûtent nettement moins cher qu'AWS pour un service tout à fait comparable. En revanche, si vous avez besoin de vingt services managés interconnectés, l'écart de catalogue redevient déterminant.


7. La question de la souveraineté

Le point à retenir, souvent mal compris : la souveraineté ne se résume pas à la localisation géographique du datacenter. Une entreprise soumise au droit américain peut être contrainte de fournir des données stockées en France. C'est pourquoi l'État français a poussé la qualification SecNumCloud de l'ANSSI et des coentreprises comme Bleu (Microsoft + Orange + Capgemini) et S3ns (Google + Thales).


8. La dépendance au fournisseur

Un point de vue nuancé sur la dépendance : elle n'est pas nécessairement à fuir. Utiliser DynamoDB ou BigQuery vous fait gagner un temps de développement considérable, et vous n'aurez peut-être jamais besoin de migrer. Refuser tout service propriétaire « par principe » revient souvent à reconstruire soi-même, plus mal et plus lentement.

La bonne question n'est pas « comment éviter la dépendance ? » mais « quel coût de migration suis-je prêt à accepter, en échange de quel gain de productivité aujourd'hui ? »


9. Le multi-cloud — ce qu'il faut savoir

Recommandation directe : pour la grande majorité des organisations, un fournisseur principal est le bon choix. Utilisez un second acteur uniquement pour un besoin précis et justifié. Le multi-cloud « par précaution » coûte cher et ne protège de rien en pratique.


10. Comment choisir — synthèse

Le critère le plus déterminant en réalité, et le plus souvent négligé : les compétences de votre équipe. Une équipe qui maîtrise déjà Azure sera plus efficace sur Azure que sur AWS, même si AWS est « objectivement meilleur » sur tel point technique. Le meilleur cloud est celui que votre équipe sait exploiter.


11. Les certifications

FournisseurNiveau fondamentalNiveau associéNiveau expert
AWSCloud PractitionerSolutions Architect AssociateSolutions Architect Professional
AzureFundamentals (AZ-900)Administrator (AZ-104)Solutions Architect Expert (AZ-305)
Google CloudCloud Digital LeaderAssociate Cloud EngineerProfessional Cloud Architect

Conseil de parcours : commencez par la certification fondamentale du fournisseur que vous utilisez ou visez. Elle est accessible avec ce cours plus quelques semaines de pratique, coûte environ 100 dollars, et apporte une vraie crédibilité sur un CV en reconversion.

La plus reconnue sur le marché de l'emploi reste l'AWS Solutions Architect Associate, mais elle demande plusieurs mois de préparation sérieuse.


Retenir en 30 secondes

  • AWS : catalogue le plus large, communauté la plus grande, le choix par défaut le plus sûr.
  • Azure : gagne par l'intégration Microsoft et les remises groupées — décision souvent commerciale.
  • Google Cloud : le meilleur sur les données (BigQuery), l'IA et Kubernetes (GKE, Cloud Run).
  • Les concepts sont transférables : maîtriser un cloud rend les autres accessibles en quelques semaines.
  • Acteurs européens : Hetzner et Scaleway sont nettement moins chers sur du calcul brut, avec un catalogue plus restreint.
  • La souveraineté n'est pas qu'une question de géographie — la nationalité de l'entreprise compte (CLOUD Act).
  • La dépendance au fournisseur n'est pas à fuir aveuglément — c'est un arbitrage entre coût de sortie et productivité immédiate.
  • Le multi-cloud « par précaution » est presque toujours une erreur.
  • Le critère le plus déterminant : les compétences de votre équipe.

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